Des propositions pour les rues sans nom ?
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Propriété de l'État depuis 1930, le joyau historique de la commune de Plédéliac passe, au 1er septembre, dans le giron du conseil général. : Ouest-France.En ruine ? Depuis l'étroite route qui vient de Plédéliac, le château médiéval paraît abandonné. Mais une fois passé le pont-levis et fait quelques pas dans la grande cour bordée des cinq tours massives, le décor change. C'est celui d'une restauration, longue, patiente et originale, qui se fait jour : verrières en charpente de métal, chemins de rondes modernes en bois, dallage des logis restitué à certains endroits et salles d'expositions aux murs blancs dépouillés.
Édifié en 1220
Cet aspect d'abandon, les responsables de la forteresse en ont fait « un atout ». « Cette image fait partie de son histoire. Et puis, en l'absence de documents historiques valables et précis, la reconstruction n'était pas possible. L'architecte en chef des Monuments historiques, Marie-Suzanne de Ponthaud, a donc pris le parti de proposer un aménagement contemporain », explique Françoise Le Moine, la directrice du site. Le montant des travaux s'élève à 2 millions d'euros. C'est la plus grande campagne de restauration du château.
Situé à mi-chemin entre Lamballe et Dinan, La Hunaudaye est édifié en 1220, près de la rivière Arguenon, par la famille Tournemine, une maison qui deviendra très puissante en Bretagne à la fin du XVe siècle.
Lawrence d'Arabie
La forteresse est détruite en 1341 par les Anglais, lors de la guerre de Succession de Bretagne. Les Tournemine entament immédiatement la reconstruction. À la fin du XVIe siècle, la famille s'éteint. Le château est peu à peu délaissé. En 1793, les Révolutionnaires républicains le brûlent et le pillent.
Au début du XXe siècle, le château sert de carrière. En 1906, il reçoit un visiteur inattendu, Thomas Edward Lawrence, le futur Lawrence d'Arabie. Étudiant, en voyage en Bretagne, il écrit, enthousiaste, à sa mère, au sujet de La Hunaudaye : « Si j'avais eu un appareil de photo, j'aurais utilisé trois douzaines de plaques sans prendre deux fois la même chose. »
En 1930, l'État devient propriétaire du site, classé monument historique en 1922. Ce n'est pas lui qui gère l'ouverture au public, mais l'association du château de La Hunaudaye, créée en 1977. « En 2005, les conditions d'accueil ne répondaient plus aux exigences de la fréquentation toujours plus importante. C'est pourquoi le château a fermé. Partiellement. Car des visites ont toujours été organisées, l'été notamment », précise Françoise Le Moine.
Le 13 juin, date de sa réouverture complète, une nouvelle vie commencera à La Hunaudaye. Un nouveau projet culturel a été défini. De plus, à la suite des lois de décentralisation de 2003, la forteresse sera transférée, le 1er septembre, au conseil général des Côtes-d'Armor. Il y attend plus de 15 000 visiteurs par an.
Mickaël DEMEAUX.