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Elie Semoun
Concert avec "The Victory Gospel Singers"
Patio Andaluz
En juillet dernier, Anaë, Damien et Stéphanie ont accueilli le petit dernier de la famille, Matis, 3 ans, Haïtien de naissance et Breton... d'adoption ! « À l'époque - en 2002 - nous avions deux possibilités, explique Damien. Entamer des démarches individuelles ou passer par un organisme autorisé pour l'adoption (OAA). » Mais ces derniers sont surbookés, et Damien et Stéphanie ne se sentent pas de « partir sac au dos pendant deux mois à la recherche d'un enfant ». Et puis il y a leur âge. « À 25 ans et seulement 2 ans de mariage, on détonnait dans les réunions de futurs adoptants. » Si certains y voient le profil d'une « famille idéale », la majorité des pays exigent un âge et un mariage plus « avancés ». Découragement. Stéphanie se réfugie sur internet, navigant de sites spécialisés en forums.
Histoires d'adoption
Une nuit, un signe vient d'Haïti. D'autres parents du même âge sont sur le point d'adopter. Stéphanie et Damien suivent leur chemin. « Un moment, il faut faire confiance ! » Ils contactent la responsable de la crèche, constituent un dossier... Et attendent, encore. « J'allais tous les jours voir le courrier », se souvient Stéphanie. Les mois passent. Haïti est à feu et à sang, Aristide s'en va. « On n'y croyait plus », souffle la maman. En février 2004, Anaë se glisse enfin dans la boîte aux lettres. Sur la photo, une fillette de six mois au visage poupon et aux grands yeux rieurs. « Ça fait quelque chose, témoigne le papa. Dans la minute, c'était notre fille ! » Six mois plus tard, Damien et Stéphanie peuvent enfin aller chercher leur fille à Haïti. « Un grand jour. » Quatre ans après, elle est à leurs côtés pour accueillir son petit frère, Matis, lui aussi né à Haïti.
« Depuis qu'elle est toute petite, nous lui racontons son histoire à mesure que les questions viennent, tiennent à préciser les parents. C'est important pour elle de savoir d'où elle vient. » Cela fait partie d'une longue liste de problématiques spécifiques aux familles adoptantes. Autant de « conseils » et de « clichés à combattre » que Damien Sauvêtre a décidé de partager au sein de l'association Enfance et famille d'adoption (EFA), qu'il préside en Côtes-d'Armor depuis février 2007. Pour « animer un espace d'échange » à ses yeux essentiel.
Mariella ESVANT.