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Elie Semoun
Patio Andaluz
Concert avec "The Victory Gospel Singers"
Tout comme les adultes, les élèves peuvent éprouver du stress à l'idée de retourner à l'école. Charline Bourgouin, psychologue, conseille d'anticiper, de créer des parenthèses de repos pour surmonter cette épreuve. La rentrée, c'est l'inconnu. C'est un événement qui provoque un changement d'équilibre, qui va devoir mobiliser nos ressources, exiger une certaine adaptation. On se lance de nouveaux défis, on craint de ne pas être à la hauteur.
Mal au ventre, nausées, troubles de l'humeur... Ce sont les symptômes du stress chez l'écolier. Quelles en sont les causes ?
Le stress est reconnu depuis peu chez l'enfant. Il peut intervenir dès l'entrée en maternelle, quand le petit a peur que sa maman ne revienne pas le chercher. C'est l'angoisse de la séparation. En primaire, l'élève développe d'autres appréhensions. Celle de l'échec. S'il entend régulièrement qu'il est nul, sa crainte de ne pas être aimé va grandir. Il y a la peur de la réussite. L'élève appréhende que ses parents ne prennent plus de temps pour l'aider à faire ses devoirs. On a le harcèlement scolaire. Les enfants persécutés par des copains dans la cour de l'école peuvent aussi être angoissés à l'idée de retrouver le « bourreau ». Le stress résulte aussi d'une pression de la société qui peut être relayée par les parents. Aujourd'hui, il faut réussir ses études pour décrocher un bon job, source d'épanouissement.
Les enjeux ne sont pas les mêmes chez l'enseignant...
Lui, il a peur des parents, car ces derniers sont devenus très procéduriers. Aujourd'hui, les familles contestent une punition ou une mauvaise note. On demande aux professeurs non seulement d'enseigner, mais aussi d'éduquer, de transmettre des bases de respect et de politesse, ce qui devrait être le rôle des parents. Et puis, les enseignants ne connaissent pas toujours les enjeux de l'adolescence. Ils se crispent quand ils sont confrontés à des insultes, des gestes violents, du harcèlement. La pression de la hiérarchie n'arrange rien. Au bout du compte, on a des profs stressés qui stressent les élèves.
Quels sont vos conseils pour aborder cette rentrée de manière plus détendue ?
Les parents doivent être à l'écoute de leurs enfants et leur dire qu'ils entendent ce stress de rentrée. Il ne faut pas minimiser l'inquiétude. Je conseille d'éviter le chantage affectif. Un échec scolaire n'est pas l'échec de toute une vie. Anticiper, s'organiser pour avoir du temps de faire les choses dans le calme. Sécuriser son enfant et stimuler l'estime de soi. Et surtout positiver cette rentrée. Dire à son enfant que c'est l'occasion de montrer ses nouveaux habits, son nouveau cartable.
Aux enseignants, je rappelle qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils peuvent faire appel à des réseaux d'aide (1). La confiance en soi est primordiale pour aborder une classe. Il faudrait aussi que les enseignants suivent des formations sur la gestion des groupes.
Recueillis par
Catherine LEMESLE.
(1) Charline Bourgoin, psychologue spécialisée dans le développement de la petite enfance et de l'adolescence intervient dans différentes structures. Tél. 06 88 76 36 18.