Les gendarmes de la compagnie de Dinan suivent actuellement une formation poussée pour apprendre à maîtriser le tout nouveau pistolet à impulsion électrique. On dirait un jouet pour gamin. C'est jaune fluo et quand on appuie dessus ça fait du bruit. Mais le Taser, le pistolet à impulsion électrique, est une arme redoutable, classée quatrième catégorie, donc interdite à la vente. Une arme qui met à terre et paralyse pendant cinq secondes. Un laps de temps suffisant pour passer des menottes.
Les gendarmes de la compagnie de Dinan suivent actuellement une formation poussée pour apprendre à maîtriser ce nouveau pistolet élaboré aux États-Unis. C'est le lieutenant Franck Duruisseau qui assure ces stages d'une demi-journée. « Le pistolet envoie deux sondes qui se plantent sur les vêtements à 7 mètres maximum de distance. La personne visée reçoit alors l'équivalent de 50 000 volts qui entraînent des perturbations du système neuromusculaire. »
Utilisation encadrée
L'influx électrique désorganise le système nerveux central en neutralisant la communication entre le cerveau et les muscles. L'agresseur est neutralisé en quelques secondes. « Il n'aura aucune séquelle car la décharge électrique est d'à peine 2 milliampères. C'est 8 000 fois inférieur à une prise de courant électrique classique. » Quand une personne reçoit une telle décharge elle reste quand même groggy quelques minutes.
Mais attention, les gendarmes ne peuvent pas sortir cette arme sous n'importe quel prétexte. Le capitaine Stéphane Rappailles, officier de communication à la région de gendarmerie, insiste sur la formation : « Quand cette arme est sortie lors d'une opération, le gendarme qui l'a utilisée doit rédiger procès-verbal d'intervention destiné au procureur de la République. Il doit nous dire pourquoi et dans quelle condition il a utilisé ce pistolet. »
Le capitaine Rappailles rappelle que les conditions d'utilisation sont très strictes. « Cette arme doit être utilisée avec discernement, soit pour riposter à une agression, soit pour répondre à une menace en respectant l'intégrité physique des personnes à interpeller. » Cette arme a déjà été utilisée pour éviter un suicide : « Quand quelqu'un veut passer à l'acte, nous avons la possibilité, si nous arrivons à temps, de neutraliser la personne. Ce pistolet peut donc aussi sauver des vies. » Actuellement, les gendarmes des pelotons d'intervention et de surveillance sont en cours d'équipement. Les brigades locales également. Le pistolet coûte environ 1 000 €.
Vincent JARNIGON.
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