Teknival : c'est l'aéroport de Saint-Brieuc !
L'aéroport de Trémuson était le premier site pressenti pour accueillir la fête techno. Il a finalement été confirmé par le préfet des Côtes-d'Armor, hier en fin d'après-midi. Pour Philippe Rey (photo), il était essentiel d'éviter une rave sauvage dans un lieu non sécurisé. : Jérôme Fouquet
La fête techno démarre aujourd'hui à Trémuson, malgré les fortes oppositions locales. Des dizaines de milliers de jeunes gens sont attendus ce week-end.
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« Les uns après les autres, les sites présentaient des inconvénients importants. Trémuson, c'est le plus approprié pour sa surface et c'est le plus facile à sécuriser. » C'est finalement Philippe Rey, le préfet des Côtes-d'Armor qui récolte la délicate charge d'organiser le Teknival breton. Une décision visiblement prise aux plus hauts niveaux de l'État, que son représentant n'a pas voulu préciser.De 20 000 et 40 000 raveurs vont s'acheminer dès aujourd'hui vers le petit aéroport de Saint-Brieuc. Ils y resteront jusqu'à lundi 14 h. Philippe Rey ne le nie pas : « C'est un défi, je vais faire en sorte que ça se passe le mieux possible. Je maîtrise la sécurité du site et des environs. » Sept escadrons de gendarmes mobiles et deux Compagnies républicaines de sécurité étaient en route, hier soir.Vers 21 h, moins d'une dizaine de camions de sonorisation attendaient pour rentrer sur le site que l'ordre de réquisition soit effectif. Parmi eux, celui des Acolytes, de la région de Saint-Brieuc. Ils se préparaient à s'installer sans autorisation dans le secteur de La Roche-Bernard quand le bouche à oreille les a prévenus que Trémuson était revenu en lice. DJ Loco, interlocuteur des pouvoirs publics, hésite entre soulagement et amertume : « On se serait posés de toutes façons, on avait un paquet d'endroits possibles. Je déplore juste que le ministère de l'Intérieur ait eu à rappeler ses ouailles à leurs engagements. »Éviter une rave sauvageLa décision a été accueillie très fraîchement par les autorités locales. Claudy Lebreton, président du conseil général, propriétaire de l'aéroport, dénonce « cette politique du fait accompli qui peut mettre en danger, par la précipitation, les jeunes et un tissu économique qui sera fragilisé ». Il a présenté, dès hier, une requête en référé devant le tribunal administratif. Gérard Le Gall, maire de Trémuson, se dit « écoeuré. Nous avions, ici, préféré ne pas épandre de lisier. Mais c'est la loi du plus fort qui l'emporte ».« Il n'était pas imaginable de laisser faire une rave sauvage qui aurait pu tourner à la catastrophe, répond Philippe Rey. Cela aurait pu être grave pour la sécurité et l'ordre public. »Il assure que le site sera prêt et protégé dès ce matin. Le lieu abrite l'aéroport et un club d'aviation, mais aussi une entreprise de maintenance aéronautique qui redoute pour son image et la sécurité de ses avions.Marie-Claudine CHAUPITRE et Jean-Yves HINAULT.
Ouest-France